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Le point de vue d'Edwige Godlewski, juillet 2016

Des mathématiques vivantes, de la maternelle à l'université

Edwige Godlewski, professeur à l'Université Pierre et Marie Curie, présidera la CFEM à partir du 1er septembre 2016

Godlewski

L’assemblée générale du 13 juin dernier a accepté ma candidature et m’a élue à la présidence de la CFEM,  celle ci sera effective à partir du 1er septembre prochain, après le prochain congrès ICME à Hambourg. Je remercie tous les membres de la Commission de la confiance qu’ils m’ont accordée. J’ai le plaisir de commencer ma mission en rédigeant ce premier point de vue.

Succéder à Luc Trouche qui s’est profondément investi dans cette présidence est une chance et un défi. C’est une chance, car Luc a mis sur les rails des actions visibles,  qui marchent. Il a su mettre en place une communication efficace, mobiliser les différents acteurs, conduire avec nos diverses composantes des actions importantes pour l’enseignement des mathématiques, comme celle de la Stratégie mathématiques. L’effort accompli pour que l'information circule au mieux à l'intérieur de la CFEM et avec ses partenaires se traduit par un site web rénové très convivial, et un bulletin régulier qui concilie informations d’actualité et articles de fond.

On pourrait penser qu’il suffit de continuer. Mais assurer la continuité est un défi, car l’investissement personnel et l’efficacité du pilotage de Luc ont été remarquables : de l’avis général, Luc a mis la barre haute.

Je souhaite bien sûr que l‘information continue à circuler efficacement, et pour continuer à vivre, site et bulletin devront s’appuyer sur une équipe de rédaction qu’il faudra constituer au plus tôt. Les actions doivent être poursuivies, de la maternelle au supérieur, avec l’aide des membres du bureau récemment élus ou confirmés, Gilbert Monna qui a accepté de devenir trésorier, et Richard Cabassut trésorier adjoint, et Aviva Spirzglas et Simon Modeste  secrétaires,  et l’appui de tous les membres, qu’ils ou elles représentent une société savante, une structure, ou qu’ils ou elles soient coopté.e.s.

Dans les mois qui viennent, les actions à mener ou à suivre au niveau national avec les différentes instances sont nombreuses : comité de suivi de la Stratégie mathématiques, suivi de la mise en œuvre des programmes d’école et de collège et sans doute bientôt les programmes du Lycée, organisation du Forum Mathématiques vivantes en mars 2017. Le sujet choisi pour la Semaine des mathématiques, Mathématiques et Langages, se prête à de nombreuses interprétations et donc de multiples actions, à tous les niveaux, de la maternelle au supérieur, mais il faudra les coordonner, et les rendre visibles au niveau national. Les actions doivent aussi porter au delà des aspects nationaux, car le rôle international de la CFEM est à l’origine de sa création, ce qu’illustre la participation de plusieurs de ses membres au congrès ICME 13.

Les points de préoccupation demeurent nombreux : financement du réseau des Irem, faibles effectifs des candidats aux concours de recrutement d’enseignants (capes et agrégation), diminution du nombre de postes d’enseignants-chercheurs, insuffisances de la formation continue des enseignants, et aussi risque que des réformes se succèdent, sans qu’aucune évaluation ne permette de justifier ce qu’il faut garder, épuisant ainsi l’énergie des enseignants.

Les raisons d’être confiante sont nombreuses aussi. Les initiatives mettant en valeur les mathématiques auprès des jeunes et du grand public vivent et se multiplient que ce soit le récent salon Culture et Jeux mathématiques, les actions des Labex, comme la Maison des mathématiques et de l’informatique à Lyon, le Projet IHP+ à Paris. Ces nombreuses actions, qu’elles soient locales ou nationales, contribuent à maintenir l’intérêt des jeunes pour notre discipline et à la rendre vivante.

Par ailleurs, la demande, de la part des autres disciplines scientifiques, de jeunes bien formés en mathématiques est forte. Je pense en particulier dans l’actualité immédiate, à l’introduction de l’informatique au collège. Le sujet de l’enseignement des mathématiques en lien avec l’informatique, et lié à cela la formation des futurs enseignants dans nos Licences de mathématiques, me semblent une magnifique opportunité d’attirer plus de jeunes et de leur (re)donner envie d’enseigner.

Mon activité d’enseignante chercheuse en mathématiques appliquées me pousse à vouloir affirmer un peu plus les liens de la CFEM avec l’enseignement supérieur. Mon expérience depuis des années me permet d’affirmer : faire des études de maths, c’est intéressant et ça peut déboucher sur des métiers variés. J'ai aussi l'espoir que ma récente expérience de chargée de mission Formation à Amies (agence pour les mathématiques en interaction avec l’entreprise et la société) soit un atout complémentaire pour contribuer à mieux faire connaître la dynamique de la discipline et son impact dans la société. Enfin, la notoriété de la recherche sur laquelle s’appuient les formations est reconnue au niveau mondial, cet atout doit nous aider à maintenir leur qualité, à résister à la morosité.

Peut être traverserons nous des périodes difficiles, mais il faut garder nos convictions, notre unité, notre force. La CFEM permet de parler d’une seule voix, elle est un lieu d’échange, fait du lien, coordonne, et peut aider à amplifier les actions de ses différentes composantes. La dernière assemblée générale confirme l’investissement remarquable des uns et des autres dans la vie de la communauté de l’enseignement des mathématiques, et l’envie de continuer à travailler ensemble, j’espère pouvoir contribuer à maintenir cet état d’esprit.

Edwige Godlewski, le 20 juin 2016

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