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Décès de Maurice Glaymann

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès de Maurice Glaymann survenu le 8 mai 2021.

Gilles Aldon
Animateur de l'IREM de Lyon

Maurice Glaymann a été un des instigateurs de l’aventure des IREM ; alors président de l’APMEP, Maurice Glaymann a participé à la rédaction de la « charte de Chambéry » dans laquelle la première description des IREM était contenue. Lorsqu’en 1968, avec André Frenkel et André Revuz, il rencontre Edgar Faure, alors ministre de l’Éducation Nationale, l’aventure des IREM débute et Maurice devient le premier directeur de l’IREM de Lyon ; c’est lui qui, dans la foulée de cette création et en lien avec l’équipe de la régionale de l’APMEP et de l’IREM de Lyon a organisé le premier congrès ICME en 1969 : « Le premier congrès international, il a eu lieu à Lyon en 69. Mille personnes qui ont débarqué à Lyon en 69 » dit-il dans un interview en 2007. Pendant de nombreuses années, professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1, Maurice a continué à travailler dans les groupes de l’IREM de Lyon et notamment à intervenir dans l’école expérimentale de Francheville le Haut, dont il a été un des promoteurs. Il a aussi participé activement aux actions de formations et de diffusion des mathématiques mais aussi à l’écriture des brochures IREM ou APMEP : Hasardons nous en 1974 dans laquelle Maurice propose, entre autres, de commencer un éveil aux probabilités dès l’école primaire, fort des expériences réalisées à Francheville le Haut. Déjà à l’origine de la création des éditions CEDIC, Maurice fonde, plus tard, et dirige les éditions Aléas dont le catalogue éclectique est toujours largement diffusé : on y trouve en particulier des ouvrages de Gilbert Arsac et Michel Mizony qui, tous deux, ont été également directeurs de l’IREM de Lyon.

Je voudrais aussi témoigner personnellement de mes rencontres avec Maurice ; alors encore étudiant à l’Université, j’ai rencontré Maurice Glaymann comme professeur en maîtrise de mathématiques et j’ai été profondément marqué par son enseignement qui laissait aux étudiants une grande autonomie dans leurs apprentissages sans pour autant négliger la rigueur mathématique. Ça a été l’occasion pour moi de me rendre compte que faire des mathématiques pouvait être plus que recracher une démonstration apprise ou agencer les théorèmes du cours dans une déduction stéréotypée. Maurice Glaymann, comme professeur, rendait ses étudiants créatifs et je l’en remercie vivement. Un peu plus tard, alors animateur à l’IREM de Lyon, j’ai profité des séminaires dans lesquels Maurice intervenait toujours de façon pertinente et toujours avec humour et passion. Dans les locaux de la régionale de l’APMEP sur les quais du Rhône, avec ses amis du groupe Galion, les discussions portaient souvent sur l’histoire des IREM et son rôle primordial dans la création de ces instituts. Depuis l’écriture et l’adoption par l’APMEP de la charte de Chambéry, l’idée de ces instituts de recherche était en germe et je l’entends encore nous raconter son entretien avec Edgar Faure : « Monsieur, le ministre, disait-il, avec l’argent que vous nous proposez, nous ne créerons pas un IREM mais trois ! » ; ainsi sont nés l’IREM de Strasbourg, l’IREM de Paris et bien sûr l’IREM de Lyon. Assidu aux séminaires de l’IREM et aux AG de l’APMEP, c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je voyais sa présence, parce que je savais qu’une pensée profonde sur l’enseignement des maths masquée par un trait d’humour pouvait, à tout moment, interloquer l’assemblée et provoquer des discussions passionnées dont je garde le souvenir comme un témoignage de mon immense admiration pour Maurice Glaymann.

Interview de Maurice Glaymann par Michèle Artigue